La célébration annuelle du Mois de l’histoire des Noirs permet une approche de la culture afro-américaine à travers des initiatives qui favorisent la connaissance des racines africaines du pays. Un mois par an ne suffit pas pour savoir en profondeur d’où proviennent les tiges de l’arbre que la communauté est aujourd’hui, mais il enflamme la curiosité et permet d’ouvrir un petit vide par lequel pénètre la lumière, l’air et l’envie d’aller plus loin. Si vous êtes déjà arrivé à ce point, nous vous recommandons cinq lectures sur l’Histoire de l’Afrique qui, bien qu’elles n’offrent pas – pas même de près – le portrait complet, sont des regards frais, de nouvelles perspectives et surtout, de là.

1.De l’autre côté de la montagne, depuis Minna Salami (Thèmes d’aujourd’hui).

C’est ainsi que vous verriez le monde si un Européen blanc ne vous le disait pas toujours. Une nouvelle façon de voir le monde et de comprendre la connaissance. Minna Salami défie le statu quo avec la facilité d’un bon conteur et le regard incisif d’un grand penseur.
La prémisse est simple: si seules les personnes puissantes nous ont toujours dit ce qui est important, combien de manières valables d’être et de penser avons-nous manquées?

2. La mauvaise éducation du nègre, par Carter G. Woodson (The Associated Publishers).

«Le nègre n’est pas éduqué. Ils ne l’informent que d’autres choses qu’ils ne lui permettent pas de faire. «En 1933, l’historien et éducateur américain Carter Woodson a écrit une dénonciation puissante et prophétique du programme d’études qui sonne toujours vraie. Woodson a inspiré les Noirs américains à exiger des opportunités d’apprentissage pertinentes qui incluent leur propre culture et héritage. En lançant ce défi, j’ai jeté les bases d’institutions éducatives plus progressistes et égalitaires et la semence du Mois de l’histoire des Noirs.

3. Tout s’effondre, par Chinua Achebe (poche contemporaine).

Okonkwo est un grand guerrier dont la renommée se répand dans toute l’Afrique de l’Ouest, mais en tuant accidentellement un grand homme de son clan, il est contraint d’expier sa culpabilité en sacrifiant son beau-fils et l’exil. Lorsqu’il parvient enfin à retourner dans son village, il le trouve rempli de missionnaires et de gouverneurs britanniques. Son monde s’effondre et il ne peut s’empêcher de se précipiter dans la tragédie.
Cette parabole passionnée d’un homme fier qui, désespéré, assiste à la ruine de sa ville a été publiée en 1958 et s’est vendue depuis à plus de dix millions d’exemplaires en 45 langues.

4. L’Afrique au-delà du miroir, par Boubacan Boris Diop (Oozebap).

L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop rassemble différents essais dans ce livre avec la même prémisse: pour les agressés et humiliés en Afrique, la résistance culturelle est plus impérative que jamais. L’image que nous recevons de l’Afrique non seulement ne correspond pas à la réalité, mais cherche aussi à faire honte à chaque Africain de sa mémoire et de son identité. Par conséquent, parler est un devoir moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. Ce livre est né de cette responsabilité. Structuré en quatre parties, Diop dénonce énergiquement l’action de la France de Mitterrand dans le génocide rwandais, en même temps qu’il élabore un discours autocritique autour de l’écrivain africain, réfléchit sur l’exil économique des jeunes, les défis culturels de la mondialisation ou le rôle néfaste des élites et présente une introduction magistrale par deux des grandes figures sénégalaises du XXe siècle, Léopold Senghor et Cheikh Anta Diop, qui, comme le reste du livre, est une invitation sincère et cohérente à surmonter un encore imaginaire imprégné à cause du racisme.

5. Nous sommes héritiers des révolutions mondiales: discours de la révolution burkinabé, par Thomas Sankara (Pathfinder).

«Notre révolution au Burkina Faso s’inspire de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du tiers monde. Nous tirons les leçons de la révolution américaine. La Révolution française nous a appris les droits de l’homme. La grande Révolution d’Octobre permit la victoire du prolétariat et rendit possible les rêves de justice de la Commune de Paris. «Thomas Sankara.