Bien que même dans l’industrie, le cinéma féminin soit toujours considéré comme minoritaire, il est indéniable que quelque chose change. Il existe une sélection importante et variée de films réalisés par des femmes inspirées qui sont d’authentiques trésors intemporels et qui montrent la diversité croissante des thèmes et des genres qui sont traités avec maîtrise. Nous vous proposons quelques titres pour que vous passiez un bon week-end.

Mignonnes, par Maimouma Doucouré. Une illustration parfaite de la croissance d’aujourd’hui. Les débuts de la réalisatrice française Maimouna Doucouré « Mignonnes » évaluent la transition de l’enfance à l’adolescence en pointant son objectif sur une fillette de 11 ans à la croisée de la tradition et de la découverte personnelle. Un récit idiosyncratique centré sur l’enfance noire qui va à l’encontre du statu quo. Très intéressant.

Vers la Tendress, par Alice Diop. Dans ce film, la réalisatrice Alice Diop nous invite à réfléchir sur l’amour du point de vue de quatre jeunes dans une banlieue où les corps féminins ne sont que des silhouettes fantomatiques et virtuelles. Un excellent film qui mérite le détour.

A hurt locker, par Kathryn Bigelow. Il est indéniable que Kathryn Bigelow est une grande amatrice d’action et d’adrénaline et a un don spécial pour créer une tension inhabituelle. Elle est entrée dans l’histoire aux Oscars 2010 en tant que première femme à recevoir le prix de la meilleure réalisation et a également remporté l’Oscar du meilleur film. Un film incontournable pour les passionnés de films de guerre.

An Education, par Lone Scherfig. An Education soulève superbement le dilemme entre l’éducation formelle et les expériences de vie. Une remise en cause élégante des valeurs établies mettant en scène une formidable Carey Mulligan qui incarne parfaitement la naïveté d’une adolescente dans les années 1960. Tout simplement merveilleux.

Persepolis, de Marjane Satrapi. L’adaptation cinématographique de la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi, qui signe également la direction du film avec Vincent Paronnaud, est l’occasion de parler de l’une des œuvres graphiques les plus intelligentes et les plus puissantes de la dernière décennie. L’auteur iranienne raconte son histoire personnelle et celle de sa famille, et décrit les principaux événements qui ont façonné le dernier quart de siècle de l’histoire de l’Iran. Humour, sensibilité et intellect.

Queen & Slim, par Melina Matsouka. Le réalisateur de la série à succès Insecure a fait ses débuts avec un film vibrant, rythmique, immersif et magnifiquement poli, qui évoque le cinéma classique Bonnie & Clyde, avec une touche raciale et une esthétique impressionnante qui ajoute de la crédibilité et vous engage dès la première minute. Avec Daniel Kaluuya et Jodie Turner-Smith, Queen & Slim est une œuvre d’art magnifique.

Portrait of a lady on fire, par Célie Sciamma. Le film parle de l’invention de l’amour à une époque où les femmes n’existaient que pour être regardées, désirées ou méprisées par les hommes. Céline Sciamma nous embarque dans une histoire dramatique et romantique, superbement exécutée. Intrépide et émotionnellement dévastateur, vous aurez envie de la revoir encore et encore. Sublime.

Sofia, par Meryem Benm’Darek. Le réalisateur marocain aborde de façon transparente le drame d’avoir un enfant sans se marier, au Maroc. Un portrait méticuleux qui capture magistralement la sensibilité des protagonistes avec lesquels vous parvenez à faire preuve d’empathie dès le premier instant. Un film qui restera à jamais dans la mémoire.

On basis of sex, par Mimi Leder. Biopic sur la juge de la Cour suprême des États-Unis, Ruth Bader Ginsburg, la deuxième femme de l’histoire (après Sandra Day O’Connor) à siéger dans cette haute cour. Avec Felicity Jones, elle est une excellente ode au féminisme et au besoin de sa lutte constante. Absolument brillant.

Captain Marvel, par Anna Boden. L’univers Marvel a également voulu rendre hommage aux femmes avec le premier film mettant en vedette une femme et interprété par l’actrice Brie Larson.

The Bookshop, par Isabel Coixet. Un travail extraordinaire de la réalisatrice Isabel Coixet qui a également remporté le prix Goya 2018 du meilleur film, réalisation et scénario adapté. Une adaptation méticuleuse et très délicate du roman de Penelope Fitzgerald du même nom qui véhicule l’imagination, la créativité et la connaissance des livres d’une vision en mouvement.

Atlantiques, par Mati Diop. Un regard intéressant sur le drame de la jeunesse africaine contemporaine, pris entre traditions, manque d’opportunités et sommeil européen. Un cocktail hétérogène, audacieux et unique, démontrant la capacité du cinéaste à reconstruire de manière plausible la réalité africaine du jeune protagoniste. Profondément captivant.

Farewell, par Lulu Wang. La comédie touchante et amusante de Lulu Wang avec laquelle le rappeur Awkafina a marqué l’histoire dans la dernière édition des Golden Globes.